Dans ton écrin de soie rose tes pétales de liège, disposés en quinconce, s'écartent pour faire entrer la lumière du jour. L'aube naissante y dépose sa rosée, y verse sa résine sucrée au goût suri de ma solitude.
Aux multiples couleurs, tu éblouis la nappe de tes fleurs de verre, Fragiles anémones qui se froissent sous la boule de cristal comme le kaléidoscope de mes rêves brisés à l'infini pulvérisés.
Ce matin, en passant, j'ai vu et immortalisé dans les rues de Strasbourg un vélo bleu couleur du ciel sur une devanture verte. Cette image m'a fait songer à la mer et aux couleurs d'été que j'aurais peintes volontiers...
Quadrilatères esquissés comme des silex incrustés sur mon corps pétri de pierre. Lignes droites ou brisées, je marche le long de vos sentiers blessés qui sont comme les arêtes du ciel et de la terre.
Traces de pas sur le sable qui se courbent sur la surface fossilisée de la grève. Esquisses de mes pas qui s'incurvent en creux sur mon sentier de solitude, où j'entends le silence des mouettes et le mien puis le cri rauque de la mer.
Un voilier enfermé dans une bouteille regarde vers l'horizon l'océan bleu de silence, le soleil pétri d'été, l'espérance d'un jour nouveau qui se lève sur la mer qui l'engloutit.
Ta robe vaporeuse rose et pourpre, presque fuchsia s'imprime sur le mur de mon silence. Ta majesté me touche comme un hymne à la gloire des fleurs, à la sueur de leurs rêves éclos, à leurs pétales de soie, effleurant mon ciel.
Une porte en bois se découpe sur le mur du jardin. Porte mystérieuse, vers où nous mènes- tu ? Sur la route infinie d'un silence blanc qui ne dit pas son nom, sur le sentier boisé de notre étrange éternité.
Copeaux de bois imprégnés de soleil et de toute la lumière de ce jour bleu naissant. Comme des silex coupants, vous reflétez la lumière diffractée de vos rêves encore inassouvis sur vos arêtes de liège tout humides de rosée.