Dans mon errance, j'ai trouvé un pétale de rose délaissé. Recroquevillé comme la voile d'un navire en partance, comme la soie des fleurs d'été sur mon chemin, je l'ai recueilli entre mes mains écloses. Il avait le parfum de mon passé.
En chemin, j'ai trouvé une fleur froissée sur le bitume. Elle m'implorait de la ramasser. D'elle, j'eus pitié et je la recueillis entre mes mains, comme un mouchoir de soie rose, comme un prélude au soir, à sa métamorphose.
Dans mon errance, j'ai partagé avec le ciel ce petit brin de soie. Caressée par la lumière et la joie de se trouver là, cette fleur frêle et violette me tendait les bras. À l'aube, j'ai fait une valse avec elle et nous en sommes restés-là.
Je navigue en-dessous d'un ciel pur. Un voyage dans l'azur qui me fait chavirer. Je regarde les arbres frissonner, leurs frondaisons s'agitent. Et je reste amarrée au soleil qui gravite autour de l'abeille, et de son miel d'or
Dehors, ciel d'ombre et d'or, j'erre dans l'interstice de ton fard, de tes nuées. Dans le sacrifice de ce jour d'été, je revois ton soleil plombé du soir. Il se fait tard déjà et la nuit noire est prête de tomber.
J'ai respiré ma première pivoine de l'année, rose comme l'aube soyeuse et insolente comme le soleil cru du matin. J'ai contemplé ses pétales pétaradant sous la lumière de ce presqu'été, dans le souffle nouveau de ma liberté.
Une fleur s'est immiscée dans le cours de ma vie. C'était une azalée rose comme le couchant. Je l'ai prise entre mes mains comme un trophée de printemps. Je l'ai froissée pour en faire une poudre de fleurs que j'ai lancée au firmament.
Ce matin, j'ai rencontré deux roses siamoises sur mon chemin. Ces roses m'ont menée à travers les ronces de l'été. Elles m'ont dévoilé, à travers leur soie sauvage, à travers le ciel turquoise, leur parfum d'éternité.