Mon ombre s'est reflétée sur la pierre blanche quadrillée d'été et les damiers du sol faisaient comme un lit de lumière sous mes pas, un linceul de soleil à mes pieds.
Dans le ciel, des parallèles qui ne disent pas leur nom comme des chemins tout tracés sur l'océan de ma destinée, comme des autoroutes qui me donnent le vertige d'une vitesse effarée, le sentiment de mon errance brisée.
J'ai regardé la rivière, y ai vu des boules de soleil s'entrechoquer sur la paroi du pont qui servait de rempart à mes doutes, à mes désillusions. Où vont-elles ces boules de soleil, ces ocelles qui tracent sur l'eau l'esquisse de mon destin ?
Au delà de l'horizon, j'emprunte un chemin d'acier, un pont de ferraille comme limaille de fer qui brûle au soleil d'été, brille dans l'azur, dans ce ciel recomposé, entre les murs de mon corps disloqué.
Un tournesol derrière les barreaux crisse et se froisse sous l'azur, me supplie pour que je vienne le délivrer La fleur a pris son armure de guerrier pour combattre la morosité, la poussière qui pousse sur les murs et mon corps disloqué.
J'emprunte ce chemin qui ne me mène nulle part. Un soleil sombre vacille entre les marches du sentier. Et les échelons d'ombre qui me conduisent au ciel, comme des bribes d'escalier, brillent, baignées de lumière en route vers l'éternité.
Entre deux arbres, une pointe de lumière, un halo d'or culmine parmi les frondaisons clairsemées de soir. C'est un soleil qui perce entre les branches d'été pour saluer le jour qui va bientôt choir.
Fleurs vives qui tranchent sur le ciel de ton obsolescence, sur la verdoyance des feuilles soumises à la brise. Je vous cueille comme des morceaux de soie rouge, rubis qui disent adieu au jour bleu de l'été, à son éternité.