Le mascaron de la fontaine qui me fait face, grimace de tout son masque de grés rose en colère. Et sa peur et sa haine se lisent sur ses yeux encastrés dans la pierre, figés à jamais dans la neige et le gel de l'hiver.
Toits de Strasbourg au soleil blond septentrional, tout pentus ou de guingois, je monte sur vos tuiles plissées d'ombre et de lumière, pour voir la rouge cathédrale baignée d'un doux soleil d'hiver.
Elle a le regard langoureux des jours longs de juillet : deux agates vert d'eau à la place des yeux qui nous toisent intimes, à l'infini dans les soirs bleus de notre ultime été.
Le soleil malhabile trempé de rivière comme un oiseau fragile plonge dans le ciel bleu, comme un moineau cendré, vibratile noyé dans son reflet, comme Narcisse au fond de l'eau.
Un homme aux yeux bleus me regarde. Regard d'enfance effaré, regard bleu comme la mer, regard sauvage, effarouché aussi profond que le gouffre au fond de moi.
Reflets d'arbres sur l'eau grise tremblée, comme des graphes tracés à l'encre de Chine, comme des lignes d'écriture qui se perdent, se penchent pour dire l'inanité de mon ciel de silence.
Dans mon rêve, un oiseau blanc s'est blotti entre mes draps bleus. Draps plissés, froissés comme les remous de la mer démontée. Mais à mon réveil, l'oiseau s'était déjà envolé !
Autour de l'arbre, l'enfant a noué ses mains croisées et en quinconce. Et ses mains trempées de rosée étaient comme des ailes d'oiseau froissées par le feu du soleil, chiffonnées comme un ciel de dentelle ouvragée.
Un moignon d'arbre d'hiver comme un bras levé au ciel pour crier victoire. Étendard porté haut à la gloire des corbeaux et du ciel bleu. Et quand vient la nuit, ode à la neige craquelée sous l'acier du soir.