Top articles
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L'attente
Dans l'entrebaillement de la porte, un homme attend une femme. Où se cache-t-elle ? Le suit-elle de près ou de loin ? L' escorte- t-elle de sa secrète fragrance? Diapositive de la vie parisienne, scène d'enfance entraperçue, scène d'amour perdu à jamais...
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Automne captif
Les feuilles pourpres s'accrochent aux barreaux bleus de leur maison perdue. Cela fait longtemps que je n'ai plus franchi le parvis de ce jardin suspendu. Peut-être, retrouverai-je, comme dans mon souvenir perclus, la théière rouge de l'automne qui siffle...
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Déflagration
Perles de nuit flottent à la surface bleue du ciel lorsque se lève l'aube rose à peine sortie de l'enfance, lorsque pointe, l'abîme du jour, son feu d'artifice et que soudain éclate la déflagration de l'aurore et son cortège de terreur et ses fils sans...
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Clarté
Un arbre nu s'imprime sur une toile de suie un arbre dessiné à l'encre de Chine, un graphe noir, dans du papier de soie, candélabre du ciel, qui s'allume à l'approche du soir sombre Alix Lerman Enriquez
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Mer rouge
Sous un ciel rouge, j'ai vu un reflet d'arbres nus qui s'imprimaient sur le miroir d'eau, des arbres trempés de sang et de soleil qui s'inclinaient sous ce ciel d'aurore bientôt crépusculaire, noyés dans une mer rouge presque sans lumière.
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Ombre portée
Le toit, les cheminées s'impriment sur le mur immaculé de lumière. Calques d'ombre découpés par l'or du soleil d'un blond aussi intense que le bleu d'enfance. La lumière appelle l'ombre, elles s'entrecroisent sur l'écheveau du ciel.
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Escalier
J'ai gravi les marches de l'escalier, il était plein de glycines qui s'entrechoquaient dans un froissement de soie. Elles formaient un collier de fleurs mauves, à l' approche du couchant, une guirlande de soie fauve qui chuchotait de joie.
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Mouettes
Elle tournent, virevoltent, criaillent au-dessus de l'eau, cisaillent le ciel puis s'envolent à tire-d'aile sur le luminaire en forme de sémaphore. Leur présence inouie sur ce phare d'or et de silence nous rappelle la mer avant la nuit.
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Nuit
Dans ta soie bleue qui laisse passer la lueur de la lune, son croissant d'or qui traverse la pluie, je scrute mon reflet sur l'asphalte trempé d'eau, miroir d'encre où s'imprime un arbre sombre, un visage d'ombre que je ne reconnais plus.
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Crépuscule
La cathédrale troue le couchant rose, silex tranchant dans le soir qui explose. L'ombre des arbres et sa cohorte d'oiseaux mordent le ciel. Mouettes écloses aux accents circonflexes sur un ciel noir percé de tes pleurs et de mon silence.
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Suspension
Un oiseau suspendu : moineau ou tourterelle, parfois noir corbeau, lorsque le vent chasse ces oiseaux des plaines grises et herbues, lorsque ternissent l'aube et la terre retournée et leurs fleurs fanées qui suintent de cendre et de suie.
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Hiver
Clair-obscur dans l'enchevêtrement des arbres et de la lumière. Le soleil s'invite dans la clarté du ciel au dessus des branches nues et de l'ombre des toits et des sentiers de terre et des copeaux de bois.
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Couchant
Un soleil rose s'embrase, poudroie, foudroie les arbres devenus incendiaires. Un soleil rouge brûle les fleurs, le ciel, les oiseaux de passage. Fulgurance du soir explose en gerbes de roses, en bouquets d'étoiles mortes ressuscitées.
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Fleur noyée
Ta soie est plongée dans l'eau bleutée comme Ophélie noyée au creux du fleuve. Ta folie t'a précipitée dans l'eau gelée où se reflète la soie neuve de ta robe rose et glacée, où pointe le pistil doré de ta lente éternité.
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Arborescences
Reflets d'arbres sur la vitre déformés par le temps qui laissent passer le ciel bleu entre les branches d'arbres nus, entre les jeux de lumière, les rayons de soleil, encore blonds, encore ardents, qui s'impriment à la craie sur ton palimpseste d'hiv...
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Tournesols
Fleurs en pagaille peignent la surface de mon corps, éclosent comme bijoux d'été sertis d'or, de soleil, et de fantasmes touffus, sertis de mes rêves épars, dans ce jour de silence qui éclot.
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Magnolia
L'arbre nous illumine comme une torche rose à l'approche du printemps. Ses fleurs écloses, déhiscentes, brûlées de soleil et de soie, sont des papillons prêts à l'envol, des calices du ciel où meurt la fine rosée du soir.
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Grenades
Votre suc, élixir d'éternité, que je bois en silence dans le patient décor de septembre. Vos grains roses mûris au soleil de l'été exsudent du ciel comme perles d'aurore. Miettes de silence éparpillées à l'orée de l'automne.
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Hibiscus
Le soir, l'on entend le cri du hibou et le ciel drainer l'ombre des roses. À l'aube, un hibiscus offert en pâture à l'oiseau, explose en gerbes de flammes, en bouquet d'étoiles écloses.
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Cygne
Reflet de l'oiseau dans l'eau bleue, signe éphémère de l'été dans le lac, calligraphie d'un jour de printemps. Et son cou gracile est une anse de soie, que ma main agrippe pour boire l'eau du ciel.
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Mars
Mars étend sa splendeur sur les arbres roses, torches évanescentes, flamboyantes au soleil, brillent d'un feu âpre, explosent en pétales de soie en miettes de magnolia qui s'effrite sous un soleil cru, sous l'âtre d'un ciel bleu roi.
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Printemps
Broussailles rouges, braises au couchant, viennent maculer les façades en feu qui virevoltent de moineaux, lorsqu'avril colorie les arbres de grenades écloses, expose son défilé de fleurs et de flammes, et qu'explose l'âme nue du printemps.
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Portuaire
Sur la mer, le reflet des bateaux, des cargaisons rouges et bleues. Le ciel est une mer inversée où percent les rayons d'un soleil perpétuel, où pointe la solitude du monde, celle des marins pêcheurs, le silence des oiseaux.
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Abandon
Fleur frêle rose ou pourpre percée d'or en son cœur, échouée sur le trottoir un soir de mauvaise lune, son corps flétri par la nuit, corps ivre de vagabond, portant son mal de vivre comme fragile écusson cousu à même la peau.
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Couchant
Ciel teinté de rose cherche le noir d'une nuit sans étoiles, comme la lune court après les vestiges du jour bleu, jour mort au crépuscule. Les arbres, candélabres de bois, s' éteignent à l'approche du soir et se frottent minuscules à la nuit.