Top articles
-
Délicatesse
Frêle fleur de soie rose, de papier crépon qui se déchire au moindre rayon de soleil. Lumière qui achève sa métamorphose en tatouant ses pétales de bribes de rêves et de joie.
-
Glycines
Sans crier gare, les fleurs violettes tapissent le crépi des maisons, courent, lézards, sur les fissures de pierre, colorient les façades de l'enfance, s'incrustent comme du lierre dans les murs de silence et de soie, de solitude aussi.
-
Sérénité
Un pâle soleil cuivré inonde les berges du lac. Une bicyclette amarrée à ses flancs se reflète sur le sol de sable, perméable à la douceur du ciel, à ses flaques de lumière qu'absorbe la dentelle de feuilles vertes qui tremble sous mes pas.
-
Déhiscence
La fleur s'ouvre comme une flamme éphémère. Ses reflets roses dans l'eau giclent dans le ciel de silence où je crois boire, au cœur de ses pétales, le suc sans fard de mon éternité.
-
Aube
Fleurs frêles frelatées dans le jour nu. La lumière se taille un sentier parmi les fleurs de prunus qui ploient et choient sur un sol d'ombres tues. Je brois en poudre ces roses factices, élixir de jouvence que je bois en silence, presque oubliée.
-
Rougeoiement
Au creux du ciel, des perles de vin rouge suintent de liqueur comme des restes de vin à peine bu que je goûte à petites gorgées, que je cueille à pleines poignées pour m'en faire un collier de dentelle couleur de sang et de lumière.
-
Prunus
Ses branches gonflées de fleurs fraîches à l'aube, blanches comme le jasmin qui parfume les pierres de la vieille ville détruite hier. Et ces hampes gorgées de lumière me rappellent ces champs de roses sous le soleil et la solitude de l'été.
-
Silhouette
Un homme creuse la terre, pour trouver un trésor. Sa silhouette se découpe, ombre chinoise sur l'or du ciel, à la poupe du soleil solitaire qu'imprime l'ombre de l'oiseau qui le toise dans la rumeur du jour, à l'ombre bleuie de notre nuit.
-
Mars
Fleurs roses, premiers signes d'un printemps qui s'exhibe en ce jour brûlant, ivre d'abeilles écloses. Prunus sur la rivière , miroir tremblant friable, fendillé. sous l'eau gelée, craque, fait naître les bribes éparses d'un jour de mars égaré.
-
La danse du cygne
Tu déploies tes ailes, décroises tes hanches dans un chassé-croisé de dentelle blanche, ajourée de soleil et de grâce volatile. Oiseau de nacre et de soie tu danses, ivre de joie, de liberté, d'exquis été et de lumière conquise.
-
Arbre
Un arbre nu, haut dans le ciel, crie son silence et sa beauté. Aucun oiseau sur ses branches, aucune ombre à son sommet. Il est midi dans ce ciel sans âge et sonne la cloche du village comme l'écho de mon rêve fêlé.
-
Lueurs
Le soleil décroît, trace des ombres sur le sol ivre, frappe le mur minéral de lueurs cuivrées, s'enfonce sur terre à la verticale. Mât de lumière qui tangue au hasard des vents sur la rive de la rivière où ton regard m'a fixée pour l'éternité.
-
Neige au soleil
Ce matin, boule d'or qui noie l'arbre dans un halo de nacre et de feu. Et le manteau de ciel bleu trace sur le sol blanc des sentiers d'ombre qui s'entrechoquent, combattent la lumière dans un chassé-croisé d'eau morte et de feu.
-
Réverbération
Sur la neige, les troncs se reflètent. Sous le ciel bleu, les étoiles blessées choient sur le sol blanc. Les branches noires, arabesques flottantes, disent, la candeur de ce jour, la cruauté des corbeaux dans ce jour blanc.
-
Trompe-l'oeil
Dans une flaque d'eau, des arbres reflétés, candélabres noircis, arabesques d'ombre, se jettent à corps perdu dans l'eau blême. Un oiseau rare s'y perche, s'y noie, prenant l'ombre pour la proie.
-
Lune
Tu t'inscris sur la toile du ciel, tissée de soir bleu marine. Tu arpentes la mer comme tu explores la nuit, navigatrice experte, ouverte à tous les vents, à tous les cris de corbeaux et de mouettes, aux moineaux amarrés à l'infini.
-
Neige
Ce matin, il neigeait dru. Des flocons pleuvaient entre les barreaux de ma fenêtre ouverte sur l'hiver, laissant passer l'eau glacée du ciel quelques rais de lumière cadenassée, la joie des jeux d'enfance retrouvée.
-
Peupliers
Dans la tourmente de l'hiver, deux peupliers se penchent, happés par le vent. Ils s'aiment, heureux, impriment sur l'azur, leur forme ivre comme deux mâts de navire dans la brise maritime, dans l'abîme de l'aube, son camaïeu de bleu.
-
Il neige
Il neige à l'aube, de cette sève du ciel, bleuie par le froid. Il neige dans la nuit dans ce jour dru déjà tari de lumière. Il neige sans cesse dans ce jour d'hiver comme dans un rêve, où se dérobe la promesse nue de mes jours meilleurs.
-
Levant
Un soleil blond, arachnéen s'invite sur la toile intense du ciel. Il brille, bijou à l'aube, irradiant les dernières ombres de la nuit, les derniers rayons de pénombre.
-
En eaux troubles
Au milieu de mon reflet dans l'eau, je crois voir le spectre d'une histoire, le miroir de mon être, de mon coeur déformé, le fantôme dédoublé de mon corps qui tremble troué de ciel. Je crois voir mon passé trouble qui s'ouvre à moi.
-
Soir
Au loin, je vois l'ombre tremblante des arbres et de la pierre labourée de pénombre. Le soleil descend argenté sur les ailes d'oiseaux en suspens. Le jour bleu s'efface, s'étire sur l'eau miroir, déjà égarée de silence, dans le soir troublant.
-
Corbeau
Un corbeau s'imprime noir sur le ciel blanc, ombre chinoise qui passe, s'abîme durant le jour, s'enfuit la nuit, renaît à l'aube grise sous l'emprise d'un soleil d'hiver, s'évanouit dans mon corps dans la fulgurance nue de ton regard.
-
Graphe
Un arbre d'hiver s'imprime sur le ciel de mon silence. Il est sombre et nu sur le ciel blanc. Il a ce goût de l'insolence, ce parfum d'enfance que respirent les corbeaux sur sa cime et qui s'abîment dans l'immobilité froide de ce jour d'hiver.
-
Nudité
Un arbre nu de décembre, s'imprime profond, sur un ciel gercé de suie et de givre et qui tremble comme tremblent les pâles frondaisons, les branches glabres de l'arbre qui percent les feuilles éphémères la froidure de l'hiver et sa rude morosité.