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Café crème
J'ai partagé un petit crème avec mon alter ego. Tout comme moi, il préférait les expressos, les noisettes, les petits noirs très serrés aux renversés, aux allongés. Tout comme moi, il aimait boire du café, partir en goguette et chanter !
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Mât de navire
Un luminaire troue le ciel ocre du silence comme un étendard, un mât de navire qui tangue au gré du vent, exsangue de soleil et de lumière, gorgé de crépuscule, presque de nuit.
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Luminaire
Une lumière ronde éclaire mon corps percé de nuit. Luciole blonde troue le ciel noir, ses corbeaux bleus épris de soir, où l'automne d'or glisse intact sur l'espoir vain de mes nuits.
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Promontoire
Juste au-dessus de la mer, je crois voir au loin l'ombre d'une mouette cisailler les falaises, comme une serpe qui trouerait l'horizon, ferait un pont entre la mer et le ciel, entre les dunes sous la lune, entre le sable et la terre.
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Soir d'automne
Ciel plombé d'or et de nuit, je marche entre les interstices de ta lumière, sur les creux crépusculaires de tes nuages, sur ta robe de feu qui poudroie, fait ravage au cœur d'un silence qui la noie.
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Ciel
L'oiseau a bu l'eau du ciel. L'eau était bleue comme la mer et l'azur de silence. Elle rappelait l'enfance où se découpaient les silhouettes noires de la ville sombre et l'espoir d'une luciole dans la nuit.
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Cratère
Dans l'évanescence du jour, je crois voir l'or de ton regard, la porosité du soir, diamant au cœur du noir qui noie dans la brume les restes de crépuscule, quand déborde l'écume de la nuit, quand perce le râle des noctules.
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Mirage
J'ai marché le long d'un rêve, une grue enflammée me poursuivait. Le couchant s'impatientait au-dessus des nuages, comme la promesse différée d'un crépuscule, comme la promesse d'un espoir même minuscule dans ce ciel d'or et de soir.
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Estuaire
Dans les interstices de lumière, je crois voir l'or du soleil s'immiscer dans la mer solitaire, je crois voir l'estuaire de mes espoirs, captif de mes rêves fous, infinis, presqu'éphémères.
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Flammes
Un automne rouge a lancé des flammes sir le ciel gris du silence. Un arbre est né, ses feuilles sont des braises qui tombent sur le sol, linceuls de lumière, escarbilles d'octobre que je ramasse à pleines brassées.
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Nocturne
Je t'ai cherché dans la nuit, oiseau nocturne, je t'ai vu noyé dans la brume rose d'un crépuscule, minuscule, perdu sous l'auvent de la lune. Je t'ai cru blessé, Je t'ai vu pleurer du jour disparu et tes ailes ont chu comme les anges damnés.
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Fenêtre ouverte
Une fenêtre ouverte sur le monde laisse entrer les nuages gonflés de vent et les oiseaux esquissés en silence, comme des fruits d'or sur une mer ronde et sur ton visage pendu au ciel un soleil perdu en plein vol.
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Incendiaire
Je me promenais le long du port. Des grues incendiaires brûlées de couchant m'aveuglaient, jonglaient avec le ciel comme un oiseau danse sur les ocelles, sur un lac perforé de vent, sous un soleil mort pulvérisé jusqu'à l'orient.
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L'escalier
En chemin, j'ai rencontré un escalier qui descendait vers la lumière, vers une prairie ensoleillée qui sentait le foin et puis l'été. En chemin, sous les feuilles vertes, j'ai rencontré un escalier. Il m'a fait une promesse d'éternité.
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Estuaire
Dans le reflet de la pluie, une ligne d'horizon, une suite d'immeubles en quinconce. Folle perspective qui tranche sur la morosité du jour comme une orange sectionnée en plein soleil, une rondelle de lumière dans la grisaille des pierres.
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Chardons
Boules de feu violet, âtres mauves sur qui s'embrase l'or du ciel, vous m'éblouissez comme m'éblouit le soleil. Escarbilles dans le ciel d'été, je recueille votre braise à l'assaut du silence, dans le ciel, le cri mat de l'oiseau en souffrance.
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Embarcadère
Sur un radeau, je glisse. L' eau est lisse, son ombre est bleue comme le ciel au-dessus de moi. Là-bas, un phare blanc comme le sable m'égare au-delà des rives. Je rêve d'oiseaux perdus, à la dérive.
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Balançoire
Au ciel, une balançoire celle où je me berçais enfant. Le jour s'ouvre enfin sur ce ciel de silence. Une grue d'acier, mât de navire, éclaire l'aube en partance. Et je tangue dans l'azur, j'entends rire sur la mer ce phare foré de lumière.
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Ombres
Une ombre de grillage, une ombre de femme photographiées en silence et posées là sur le sol comme des restes d'objets, des débris de coquillage. Ces ombres tremblent dans le jour bleu, dansent ensemble sous le soleil creux de l'errance.
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Echancrure
Dans l'obscurité, un carré de lumière tracé au cordeau d'une lune d'or entière. Pleine lune agile qui s'immisce dans l'alcôve des chambres noires, là où s'allume, invaincue, la flamme fragile et fauve de ma nuit.
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Reflets
Reflets d'arbres dans l'eau de pluie s'enlisent dans le soir, dans la suie du sol d'ombre, où l'ambre du ciel recueille le cri rauque des corbeaux bleus s'immisçant dans la nuit, dans la clameur vaine, lointaine de l'été sombre, pluvieux.
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Maritime
Sur l'immensité du ciel, une boule de soleil brûle et fulmine, explose en bribes de lumière, dévoile le monde intime, son gouffre, sa ronde constellation comme une rose qui s'entrouvre sur la mer, creuse son infini bleuté.
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Coquelicot
Sa robe de soie pourpre chiffonnée par le vent s'effeuille en transe dans le jour ivre comme un livre au-dessus du silence.
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Miroir
Dans le reflet tremblant de l'eau, une lueur lunaire s'ébroue dans le ciel, sur le sol de bitume et l'écume du soir bouillonne autour de la mer, là où les oiseaux s'en vont rêver.
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L'attente
Sur le quai, un homme s'assoit. Il ne sait pas ce qu'il attend. Le ciel humide ne lui dit pas si la pluie tombera si le soleil brillera si la nuit viendra avec le vent. Au diapason des jours bleus il attend, solitaire, à tâtons.