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Aquatique
Dans la pluie déhiscente de mon soir bleui, je recherche l'écho de mon silence enfoui. J'écoute sa résonance presqu'infinie, son chuchotement inouï à l'approche de ma nuit.
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À l'aurore
Sur mon chemin, j'ai découvert un arbre peint à l'encre de Chine qui s'imprimait noir sur la toile d'or du ciel sur sa surface moirée, incandescente, cuivrée.
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Bistrot
L'homme rêve devant son café, comme devant le miroir de son âme. Il fait semblant de lire son journal, songe et divague sur son passé. Il attend une dame qui ne vient pas Et les yeux embués de larmes, se console en étouffant sa flamme.
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Écrin d'automne
Une fleur violette, dans son écrin de verdure, repose comme un papillon de soie vibratile au-dessous d'un ciel semé de rouille tendre, au-dessus d'une terre pétrie de feuilles mortes comme les sciures solaires de mon automne.
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À travers le miroir
Je regarde mon reflet tremblé, celui de ma tasse de café qui suinte de rêves ébauchés dans les vapeurs tendres et brisées de sa fumée, dans le nectar noir de sa robe liquide, froissée, dans le doux parfum de sa volupté.
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Tapisserie d'automne
Humus recouvert de feuilles mortes, de trésors impatients, humides au toucher, offerts en pâture aux passants que je thésaurise dans mon corps, où les poches de mon manteau troué sont déjà pleines de vos subtiles rougeoyances.
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Amnésie
Je marche le long du bitume gorgé de pluie et de larmes. Mes pas s'enfoncent sur le sol peuplé de cris d'oiseaux. J'erre, un soleil mort à la main, et tes yeux aux paupières closes me montrent le bout du chemin, celui que j'ai oublié un matin.
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Chromatique
Dans la nuit, surgit un ruban de lumière : un ruban bleu qui m'enserre et me sert de phare sur la mer, de sémaphore sur ma terre perdue. Dans la nuit noire, surgit un feu, une flamme tremblante et bleue, qui ressemble à la pluie.
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Rêve automnal
Lac blond, perforé de silence, reflète les frondaisons cuivrées des arbres de feu, en filigrane. Et j'erre dans ce flou mordoré comme dans un songe couvert de flammes, un rêve roux et sublime rempli de nuées, fastes, rougeoyantes.
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Vigne vierge
Tu t'enroules autour du grillage de fer. Tu te contorsionnes comme un collier de perles pourpre et carmin à la fois. Et tes hampes soyeuses forment une écharpe de feu que j'arbore, pleine d'émoi, un trophée d'automne qui fait hurler ma joie.
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Feuille d'érable
Trésor rouge d'octobre qui se décalque sur la toile cirée de mon passé, comme les derniers vestiges d'un automne pourpre, comme les oripeaux de mon enfance dévoilée.
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Ciel
Ce matin, j'ai regardé le ciel plein de vestiges des lumière de la veille, plein d'éclats de ma nuit. Il regorgeait d'étincelles et d'écharpes de neige comme des mots translucides et des phrases en suspens.
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Visage
Dans le ciel de nacre, un visage s'incruste dans les nuées. Son oeil me scrute pénétrant et profond, semble lire dans mon regard mes trésors intérieurs, les tréfonds de mon âme.
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Entre chien et loup
Entre le jour bleu et le soir sombre, s'infiltrent la douceur du ciel, la gravure, à l'encre de Chine, des frondaisons des arbres de soie grise et d'ombre, où l'inscription de mon silence fait écho à la nuit prochaine.
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Un arbre solitaire
J'ai regardé mon arbre dans la lumière bleue d'un ciel d'été qui s'enhardissait à l'approche du couchant. Ses feuilles presque blondes s'enflammaient dans la douceur de l'herbe, dans celle invincible de mes prunelles dénudées.
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Nymphéas
Les nénuphars, comme des miroirs sur l'eau blême, s'illuminent. Sequins de lumière, pièces d'or, sous l'éclat fauve d'un soleil de soie.
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Septembre
Déjà les feuilles de tilleul se parent de leurs plus beaux atours, d'un liseré d'or qui les fait paraître oriflammes. Et je boirai dans le calice de ces feuilles de feu comme dans l'ovale d'un miroir factice que reflétera une rivière bleue.
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Cygnes
Près des barques, en suspens sur l'eau, vous glissez comme des points d'interrogation. Fragiles oiseaux de soie, en procession sous un ciel de neige et de silence, sous un ciel d'azur froissé, vous traversez le lac qui vous tend les bras.
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Fleur
Je t'ai froissée de mes mains. De mes doigts, je t'ai recourbée pour pouvoir humer ta texture de soie rouge et de sang. Lorsque je t'ai portée à mes yeux, ton parfum m'a fait chavirer comme un navire de soie fauve, le viatique de mes rêves éclos.
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Méditerranée
Tes flancs percés de lumière, perforés du silence du ciel et du roulis, du chuchotis de tes vagues en suspens, s'écrasent sous la torpeur de tes rêves gorgés d'écume et d'été, de son soleil endiablé.
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Torpeur
La lumière scarifie les toits de tuiles, l'arc bleu du ciel qui s'étire infini. Et dans cette torpeur, mon esprit divague. Je crois goûter au fruit défendu de l'azur fraîchement cueilli, à la saveur rouge d'un soleil gorgé de midi.
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À l'horizon
Je crois voir un navire gorgé de mer glisser sur l'eau bleue. À travers la lumière crue du midi ineffable, mon bateau fait naufrage sur les rives de mon corps pétri de solitude, asséché de soleil comme le blé du sable, ce désert invaincu.
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Vieux Port
Tes voiliers amarrés au quai de Marseille, claquent au vent comme des papillons sous le mistral du midi. Un ciel vif-argent chamarré de soleil miroite comme le reflet d'une aile de mouette, perdue dans les entrailles de la mer bleue.
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Regard
Dans le regard sombre de tes yeux, s'immisce une rare mélancolie, un ciel aussi bleu que la mer, l'évanescence de ton passé. Et ton regard immense comme l'enfance, scrute l'intense poésie du monde, ses perles nues ébréchées.
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Clarté
Sur l'épaisseur des murs, cogne le soleil pur et sa lumière blonde, frappe l'aile jaune de l'oiseau qui crie dans la clarté nouvelle et dans cette nuit qui meurt, qui crie à l'ombre de l'aube, de cette lampe bleue qui se balance, invaincue.