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Vigne vierge
Feuilles rouge sang, vous courez le long des murs des maisons, des palissades de bois. Si belles dans vos habits d'apparat, je voudrais vous enfermer dans le coffre-fort de mes rêves, de mes souvenirs d'automne dépareillés.
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Arbre d'automne
Tes branchages alourdis d'or, de toute cette lumière orangée, de cette rouille du jour qui s'accroche à tes feuilles saupoudrées de soie et de diapre empourpré.
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Rose
Dans ton habit de soie, tu m'émeus par ta grâce fragile, ton élégance nue, ta soif accrue de liberté. Sous tes ronces et tes arceaux de lumière, je perçois ta dignité inconsolée, sur tes pétales apprêtés, le souffle de ton intime éternité.
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Broderie
J'ai brodé quelques fleurs d'or et de pourpre sur mon blason d'infortune. Elles avaient le goût amer de la liberté, l'insouciance folle de l'enfance. Elles avaient le goût de l'insurrectionnelle beauté.
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Cerises d'automne
Pourpres, pulvérisées sur mon ciel intérieur, quelques cerises accrochées aux cimaises de mes lobes, brillent au soleil de septembre, comme photophores dans la nuit noire, dans le ciel ébloui de ma déhiscence.
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Automne
Les arbres ont revêtu leur manteau rapiécé, une tapisserie faite de feuilles d'or et de flammes, sous la douceur cuivrée de ce jour de septembre, sous la clameur des moineaux et des freux habillés de froidure et de feu.
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Tournesol
Tu me fais tourner la tête, ta corolle dorée irradie mon corps sans soleil si longtemps caressé par l'ombre de la cendre, de la suie des étoiles, si longtemps plongé dans la pénombre des jours de grisaille.
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Fruits rouges
Du sang pourpre semble exsuder de vos perles, comme la promesse d'une vie nouvelle, comme l'aube rose à peine éclose du jour bleu qui explose, enlace votre dernier été, effleure vos rêves les plus fous, envolés.
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Prémices d'automne
Quand survient le liseré d'or des feuilles mortes, quand tombent les marrons et les bogues de châtaignes sur le sol humide qui crisse blond, sous mes pas, je prends conscience que, déjà, commencent les prémices de l'automne.
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Fleur
Ta robe bicolore, diaprée d'or et de rose, éclate dans l'air d'été. Sur ta corolle de papier crépon, comme les ailes diaphanes d'un papillon, je souffle et tes pétales de soie bicolore m'emmènent très loin au dessus du ciel.
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En partance
Sur un bateau de bois, un petit canotier, je t'ai vu partir à la dérobée, agitant un mouchoir blême au dessus de mes larmes, qui, même sous la brûlure de l'été, n'avaient pas eu le temps de sécher.
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Galets
Je touche votre galbe poli par le soleil et le vent. Comme des perles bleues, des saphirs en suspens entre le ciel et la mer, j'aime vous recueillir à main nue sur la plage dans le coffre- fort de mes rêves ensablés.
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Ancre
La mer s'épanche sur toi, fait couler l'encre de seiche sur ton sein galbé en acier trempé de soleil et de joie. Et pour marquer l'arrêt, les bateaux accrochent à ton cou des cordages d'étoupe et de soie.
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Voiliers
Dans le couchant, vos mâts s'entrechoquent. Vos voiles dépliées faites de soleil et de ciel, invisibles à l'oeil nu, se froissent, infinies, dans le vent.
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Laurier rose
Quelques branches de laurier rose s'accrochent sur le mur de mon silence, sur le mur de l'enfance, où sont inscrits les pas de mon innocence, les fruits rouges de ma nostalgie, ceux de mon obsolescence.
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Éventail
J'ai sculpté un éventail sur un buffet en bois. Je l'ai décroché de son socle pour l'emporter avec moi, aérer l'air bleu, tamiser le soleil, filtrer la lumière crue suffocante alentour, braver la canicule sans peur du ridicule.
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Chapeau de paille
J'ai laissé mon chapeau sur une terrasse de café estivale. Il prenait des teintes rosées ou bien ambre comme celles chaudes du soleil couchant. Il me protégeait de la brûlure de l'été, de sa rude désolation.
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Violette
Parmi les ombres portées des feuilles sombres, je crois te démasquer, fleur fuchsia, presque pourpre, sous ton habit d'apparat ! Tu fais chavirer les têtes, tu exploses dans le ciel d'été, à la poupe de ton navire de soie.
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L'attente
Une chaise attend dans le vide de ce jour bleu qu'un oiseau se pose sur sa robe d'acier. L' air est lourd, il fait sombre sur mon siège de silence, malgré le soleil qui brûle les ailes de l'arbre blessé, malgré la caresse de ce jour d'été.
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Luminaire
Lumière tamisée, tu traces des halos de soleil sur le mur bleu de l'enfance. Tu éclaires l'intérieur de mon corps tatoué des bleus de mon âme. Tu brûles l'intimité de mes mots nus, couchés sur le palimpseste de mes rêves presqu'effacés.
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Clairière
Tu m'éblouis avec tes feuilles d'arbres vertes, vernies par le soleil. Ta source de lumière jaillit de ce jour comme une nymphe sortie des eaux. Je m'abreuve à ta clarté, à ton puits bleu qui s'anime en silence comme l'âtre de ton feu.
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Bouquet de roses
Éraflé d'un soleil blond d'été, tu recueilles la lumière de ce jour, comme les arbres les ailes d'oiseaux bleues en suspens. Tu captes le bleu du ciel qui égrène tes pétales saupoudrés de tes rires, de tes silences aussi.
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Barque
A l'aube, une barque amarrée à l'estuaire de mes reves, encore trempés des restes de rosée de la veille, s'offre comme une fleur déhiscente au jour bleu qui se lève, s'ouvre à la clameur d'un soleil qui renaît.
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Ombre chinoise
Dans l'azur, ta silhouette prend la forme d'un photophore, d'une lampe suspendue qui éclaire le ciel, éclaire mon corps fait de silence et mon regard qui scrute l'infini de ta nuit.
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Ouverture
Par la fenetre entrouverte, j'apercois le ciel bleu, ciel de silence, évanescent. J'apercois les prémices de l'été qui chante comme un oiseau. Une ombre plane, survole la vitre brisée : Une mouette vogue en plein jour, insouciamment.