Une fleur violette, dans son écrin de verdure, repose comme un papillon de soie vibratile au-dessous d'un ciel semé de rouille tendre, au-dessus d'une terre pétrie de feuilles mortes comme les sciures solaires de mon automne.
Je regarde mon reflet tremblé, celui de ma tasse de café qui suinte de rêves ébauchés dans les vapeurs tendres et brisées de sa fumée, dans le nectar noir de sa robe liquide, froissée, dans le doux parfum de sa volupté.
Humus recouvert de feuilles mortes, de trésors impatients, humides au toucher, offerts en pâture aux passants que je thésaurise dans mon corps, où les poches de mon manteau troué sont déjà pleines de vos subtiles rougeoyances.
Je marche le long du bitume gorgé de pluie et de larmes. Mes pas s'enfoncent sur le sol peuplé de cris d'oiseaux. J'erre, un soleil mort à la main, et tes yeux aux paupières closes me montrent le bout du chemin, celui que j'ai oublié un matin.
Dans la nuit, surgit un ruban de lumière : un ruban bleu qui m'enserre et me sert de phare sur la mer, de sémaphore sur ma terre perdue. Dans la nuit noire, surgit un feu, une flamme tremblante et bleue, qui ressemble à la pluie.
Lac blond, perforé de silence, reflète les frondaisons cuivrées des arbres de feu, en filigrane. Et j'erre dans ce flou mordoré comme dans un songe couvert de flammes, un rêve roux et sublime rempli de nuées, fastes, rougeoyantes.
Tu t'enroules autour du grillage de fer. Tu te contorsionnes comme un collier de perles pourpre et carmin à la fois. Et tes hampes soyeuses forment une écharpe de feu que j'arbore, pleine d'émoi, un trophée d'automne qui fait hurler ma joie.
Trésor rouge d'octobre qui se décalque sur la toile cirée de mon passé, comme les derniers vestiges d'un automne pourpre, comme les oripeaux de mon enfance dévoilée.
Ce matin, j'ai regardé le ciel plein de vestiges des lumière de la veille, plein d'éclats de ma nuit. Il regorgeait d'étincelles et d'écharpes de neige comme des mots translucides et des phrases en suspens.
J'ai trouvé sur l'asphalte une feuille d'or qui brillait. Elle avait la couleur du soleil et des dunes d'été. Elle avait la douceur de la soie et du ruissellement de l'eau tiède en octobre. Elle me promettait des rêves d'automne égarés.