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Gravitation
Je navigue en-dessous d'un ciel pur. Un voyage dans l'azur qui me fait chavirer. Je regarde les arbres frissonner, leurs frondaisons s'agitent. Et je reste amarrée au soleil qui gravite autour de l'abeille, et de son miel d'or
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Crépusculaire
Dehors, ciel d'ombre et d'or, j'erre dans l'interstice de ton fard, de tes nuées. Dans le sacrifice de ce jour d'été, je revois ton soleil plombé du soir. Il se fait tard déjà et la nuit noire est prête de tomber.
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Déconfinement
J'ai respiré ma première pivoine de l'année, rose comme l'aube soyeuse et insolente comme le soleil cru du matin. J'ai contemplé ses pétales pétaradant sous la lumière de ce presqu'été, dans le souffle nouveau de ma liberté.
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Azalée
Une fleur s'est immiscée dans le cours de ma vie. C'était une azalée rose comme le couchant. Je l'ai prise entre mes mains comme un trophée de printemps. Je l'ai froissée pour en faire une poudre de fleurs que j'ai lancée au firmament.
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Siamoises
Ce matin, j'ai rencontré deux roses siamoises sur mon chemin. Ces roses m'ont menée à travers les ronces de l'été. Elles m'ont dévoilé, à travers leur soie sauvage, à travers le ciel turquoise, leur parfum d'éternité.
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Coquelicot
Fleur de soie rouge et froissée, comme un couchant sur la mer verte, tu dodelines de la tête comme une vieille reine compassée. Et dans le ciel, des éclats de soleil, comme des allumettes, reflètent ta fugacité.
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Béance
Entre un mur et l'arbre, se perd l'anfractuosité du ciel. Entre la pierre glabre et les branches vibratiles, s'engouffre un monde étrange d'oiseaux orange, de bribes de soleil volatiles, un monde qui souffre et tombe raide mort sur mon corps.
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Perspective
D'en bas, je vois le ciel aussi bleu que la mer sur une terre rouge, mendiante, éprise de folie. Je scrute l'azur qui renverse le monde, les mûres grimpantes le long du ciel et les rayons solaires qui traversent l'ombre immonde de l'infini.
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Du haut de mon balcon
Je regarde le soleil se coucher, les nuages devenir cuivre, ton visage toujours absent se dessiner dans le ciel ivre. Je vois le soir sourire, se lever et la lune d'or qui l'escorte, alors qu'est morte ma liberté.
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Fleur confinée
Narcisse sous l'azur derrière la porte de l'enfer, tu rêves à d'autres cieux. Fleur de fine texture et de papier crépon, tu scrutes au-delà de ta prison, l'horizon baigné d' or, ce rêve de liberté et si cher à ton corps.
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Dehors
Ce matin, je suis sortie Mon frigo était vide, vide également ma boîte de comprimés. Vide, mon âme esseulée. Des arbres en enfilade, des moineaux m'ont regardée marcher ou plutôt tituber dans l'odeur du soleil presque oubliée.
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À travers la fenêtre
Je regarde la rue vide s'émouvoir, comme on regarde les champs de tournesols, ces mille soleils qui cuisent à l'aube ou au couchant, à travers les vitres du train teintées d'espérance malgré le froid.
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Portrait
Un visage me regarde intense dans le blanc cassé de ses yeux. Il repense à son enfance, à ses vieux jours heureux. Il était et reste encore ce gamin rêveur, cette étoile filante, cette comète fulgurante, nostalgique à ses heures.
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Confinement
À la maison, toute la journée, je lis mon journal, sirote des cafés, Je lis des histoires à dormir debout, des contes de fée. Je déclame des poésies à mon auditoire clairsemé. Même confiné, je mange, je pleure, je ris à satiété.
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Un arbre
Dans la solitude d'un jour de mars, un arbre nu me hèle. Il s'imprime sur le ciel comme une araignée dans le noir. Il surgit de la terre : soleil levant sur la mer. Et ses branches, comme des étoiles, crient leur espoir dans le jour blanc.
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Funambule
La ville bouge comme un funiculaire, une marionnette suspendue. Les arbres nus et les maisons pendent comme du linge au balcon. Et moi je m'avance dans ce labyrinthe, cette toile d'araignée à ciel ouvert où je plonge téméraire à tête nue.
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Esquisse
Sur ma feuille, je trace au scalpel le portrait d'un homme au chapeau. Ses yeux me dévisagent comme deux billes qui roulent au creux de son regard. Avec ma plume, je peaufine son expression d'humanité, sa mélancolie, son rêve d'éternité.
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Arborescence
Chaque brindille s'imprime sur l'obsolescence de mon ciel, telle une araignée d'eau qui clopine sur le ruisseau. L' on dirait un graphe qui s'incline au levant, un éventail de soie, de dentelle noire sur la toile ivoire de ton hiver errant.
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En filigrane
Sous un soleil d'ambre, des arbres se déploient, s'impriment en filigrane sur un ciel pourpre de silence et de soie. C'est l'aube et son cortège de lueurs, de cris d'oiseaux saluant le jour bleu et sa joie.
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Une chaise dans la nuit
Une chaise attend que le soir sombre plonge dans l'ombre du noir nocturne. Elle attend solitaire que le gris du ciel s'assoit sur son trône d'acier qui ressemble au vif-argent de la lune. Elle attend de s'unir à la nuit.
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Entre deux eaux
Un arbre s'imprime sur un ciel bleu comme sur la pellicule d'un film en noir et blanc, comme la rétrospective d'une vie d'enfance que ravivent ces instants où l'arbre s'est élancé entre deux eaux : le présent, le passé, éternellement.
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Trois arbres
Dans le jour bleu, trois candélabres attendent que le soleil se niche au creux de leurs branches comme des torches encensoirs. Comme des bougeoirs qu'écorche l'or du ciel, leur bois glabre s'accroche à l'arc noir de leur lumière.
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Cygnes
Une myriade de cygnes s'égaillent, s'envolent de l'eau grise où se reflète le vertige des soirs sombres, des soirs d'hiver et d'ombre. Les oiseaux cherchent en vain la neige de janvier qui n'est plus, cette poudre nacrée qui brille et fait rêver.
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Pleine lune
Le ciel se pare de nuées, d'or, de lapis lazuli. Le ciel est crénelé, troué d'ocelles et de lettres incurvées, comme un manuscrit éphémère, un morceau de mer ajouré, un livre ouvert baigné de lune un grimoire ouvragé.
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Graphe
Sur le ciel, un arbre comme une tapisserie qui s'imprime dans le silence du jour. Sur le ciel, un graphe comme peint à l'encre de Chine qui me fascine, comme épitaphe de la nuit feinte, comme inscription de mon destin.